Gbagbo défie Bédié, ADO et Soro

Publié le par vicky delore ndjeuga

Gbagbo défie Bédié, ADO et Soro
L'intelligent d'abidjan  4:33 am
La célébration du 45e anniversaire de la Côte d’Ivoire, le dimanche 7 août 2005, a été l’occasion, pour le président de la République de défier, une fois de plus, ses principaux adversaires de l’opposition et de la rébellion.
Quatre jours après la chute d’un de ses principaux alliés, le président mauritanien, Maaouiya Ould Taya, Laurent Gbagbo a tenu à faire déchanter ses adversaires, qui s’étaient un trop tôt réjouis du putsch réussi du 3 août 2005 contre l’homme fort de Nouakchott .
Sous le manteau du pédagogue, le chef de l’Etat a parlé, parlé, et directement, à ses principaux adversaires. Il a révélé leur plan “diabolique”, et a surtout mis en garde.
Dans un premier temps, il a «enseigné» sur les raisons profondes de la crise qui déchire le pays, depuis le 19 septembre 2002, suite au coup d’Etat manqué contre son régime par la rébellion des Forces novelles (FN) qui contrôlent la moitié Nord de la Côte d’Ivoire.
“Des gens sont venus, ils ont voulu faire un coup d’Etat, renverser un régime pour mettre un autre régime, ils ont échoué (…) Tout le monde a été tué. Tous ceux qui n’étaient pas d’accord avec les agresseurs ont été tués”, a précisé le chef de l’Etat.
Avant de révéler les intentions profondes de ses adversaires, qui ne sont pas, de toute vraisemblance, des enfants de chœur. “ …personne ne se soucie de ces lois-là (NDLR : réformes législatives prescrites par les accords de paix de Marcoussis de janvier 2003). En tout cas, les rebelles et le G7 ne s’en soucient pas, ce n’est pas leur problème”, a-t-il expliqué.
Le président de la République a levé un coin de voile sur les motivations –les vraies – de ses adversaires. “Comment enlever Gbagbo et mettre un autre régime. Mais, ils ne vont pas m’enlever ! C’est ça la vraie bataille”, révèle-t-il.
Et cette bataille contre les présidents du PDCI-RDA (ancien parti au pouvoir) Henri Konan Bédié, du RDR Alassane Dramane Ouattara (ancien Premier ministre) et Guillaume Soro, le leader de la rébellion, Laurent Gbagbo entend la livrer. Et à la régulière. “Il ne faut pas que quelqu’un croit qu’il va me surprendre là. Je vois ! Et j’entends ! Et comme ici tout le monde est bavard, on entend et on voit “, avertit le chef de l’exécutif ivoirien.
En dépit des “calculs diaboliques”de l’opposition et de la rébellion, Gbagbo, en politicien averti, a fait comprendre qu’il est au courant de tout et qu’il sait tout.
“ls veulent gagner un peu de temps jusqu’au 30 octobre et dire que je ne suis plus légitime. Je ne vais pas leur dire ce que je vais faire… mais leur plan a échoué déjà parce qu’on est au courant. Je vois leur jeu, mais je prépare des contre-jeux. Ceux qui s’agitent croient qu’on ne les voit pas”, déclare-t-il, presque euphorique.
Sur le mode de la défiance, comme un gladiateur sûr de son fait, le chef de l’Etat annonce une cuisante défaite à Bédié, ADO et Soro, le 30 octobre prochain.
“Pour le moment, c’est eux qui jouent, nous on regarde, on s’échauffe. Quand on va se mettre à jouer aussi on ira aux élections vite fait. Le 30 octobre nous irons aux élections. Coûte que coûte, nous irons aux l’élections. Moi, je n’ai aucune inquiétude. Je suis serein, je suis tranquille. Parce que je sais qu’on va se réveiller le 1er novembre avec un jour nouveau, et les choses seront claires. Ou bien on va au second tour, c’est qu’on est déjà dans les élections, ou alors quelqu’un a gagné K.O “.
S’il s’agissait d’un combat psychologique contre ses principaux adversaires, il faut reconnaître que dimanche dernier, Laurent Gbagbo l’a emporté. Mais, après le combat psychologique, vient le combat réel, physique dans les urnes. Et là, à Laurent Gbagbo comme à Henri Konan Bédié, à ADO et à Guillaume Soro, il faudra beaucoup plus d’entrain. Les jeux restent donc, malgré tout, très ouverts.
Vicky Delore
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Publié dans crise ivoirienne

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