Soro et Mbeki se sont expliqués
Guillaume Soro et Thabo Mbeki se son expliqués
Le président sud-africain Thabo Mbeki, médiateur dans la crise ivoirienne, s'est entretenu, le samedi 20 août 2005 à Pretoria avec une délégation de la rébellion des Forces nouvelles (FN), conduite par leur chef Guillaume Soro, qui a qualifié les échanges de "fructueux".
"Les échanges ont été intéressants, sérieux et fructueux", a déclaré Guillaume Soro aux journalistes après sa rencontre avec M. Mbeki, médiateur mandaté en novembre 2004 par l'Union africaine (UA) pour tenter de résoudre la crise ivoirienne. Ce nouvel entretien est intervenu alors que l'accord de Pretoria II, signé en juin, est dans l'impasse et que la rébellion a sévèrement critiqué la médiation sud-africaine, mettant en cause son impartialité. "Le président Thabo Mbeki a prêté une oreille attentive aux questions que nous avons évoquées et nous avons le sentiment que nous avons été entendus", a ajouté le chef des FN, à l'issue de plus de cinq heures de discussions, dont près de deux en tête à tête. Au début de la réunion, Guillaume Soro était accompagné de Tuho Fozié, ministre de la Jeunesse au sein du gouvernement de transition, et de Ouattara Issiaka, dit "Wattao", chef d'état-major adjoint des FN. Le président Mbeki, qui n'a pas fait de déclaration à la presse, était entouré du vice-ministre des Affaires étrangères, Aziz Pahad, et du ministre de la Défense, Mosihua Lekota. Elle avait été annoncée après une visite jeudi à Bouaké (centre) d'une délégation de la médiation, venue faire part aux FN de "la préoccupation de M. Mbeki" sur les accusations de ce mouvement. "Partialité, discrédit, expansionnisme économique, copinage avec le régime" du président Laurent Gbagbo... Les rebelles ont multiplié ces derniers jours les critiques contre M. Mbeki, qui se sont précipitées avec l'arbitrage du médiateur en faveur du président Gbagbo sur les lois contestées adoptées le 15 juillet par le chef de l'Etat ivoirien. L'opposition et la rébellion contestaient plusieurs de ces textes, portant notamment sur le processus électoral et l'identification, et en demandaient la révision. Le président Mbeki les a jugés conformes aux accords de paix interivoiriens. "Le président Thabo Mbeki a compris la nécessité qu'il n'y ait pas d'interprétation des lois, surtout que nous sommes dans une période sensible et que nous allons vers des élections générales", a déclaré samedi le chef des FN, en référence au scrutin présidentiel prévu le 30 octobre, qui doit être suivi de législatives et municipales. "Le médiateur nous a promis qu'il avait saisi le président Gbagbo pour qu'il n'y ait aucune interprétation possible", a-t-il poursuivi, ajoutant que "s'il est entendu que ces lois suscitent encore quelques inquiétudes, il est du devoir de la médiation de continuer un peu plus loin pour que ces lois conviennent à tout le monde". Interrogé au sujet de l'ancien chef d'état-major des forces loyalistes qui s'est dit prêt à obtenir "par tous les moyens" le départ de Laurent Gbagbo, le chef des FN s'est dit "heureux que le général Mathias Doué ait pris ses responsabilités. Il y va de l'intérêt de notre pays (...) pour qu'il y ait des élections démocratiques, transparentes et ouvertes à tous, il faut que le principal obstacle, d'abord à la paix et ensuite à la réconciliation, qu'est Laurent Gbagbo, soit écarté". Il a établi un parallèle avec l'ex-président libérien Charles Taylor poussé par la communauté internationale à l'exil au Nigeria "pour que le processus de paix se déroule tranquillement au Liberia".
Publicité