Comment Gbagbo a vécu la bombe Doué

Publié le par L'Intelligent d'Abidjan

 
 
Pourquoi la révolte de Mathias Doué est un drame personnel pour Laurent Gbagbo
 
Avant que les journaux ne fassent les gros titres avec la déclaration de Doué le Vendredi matin, le chef de l’état avait dès Jeudi soir reçu une copie. Il l’a lue. Le lendemain Laurent Gbagbo a été averti quelques heures avant, que son ex-ami de quarante ans parlerait sur RFI. En la matière les services de renseignements et les réseaux directs du chef de l’état ont été pour une fois efficaces. Laurent Gbagbo n’a pas été surpris mais il a été meurtri.
Il s‘est souvenu des quatre années de collaboration, quatre années au cours desquelles il avait un ver dans son fruit, un ténia autour de lui. C’est vrai qu’il n’avait pas une haute idée de Doué et laissait penser qu’il fallait mieux l’avoir avec soi et lui donner une illusion de pouvoir pour qu’il soit docile. Sur ce point il n’a pas eu tort, car d’Octobre 2000, période où il fut l’une des premières personnes nommées par le chef de l’état, à novembre 2004, Doué Mathias a été sous contrôle et n’a jamais pu rien entreprendre ouvertement contre le régime, même si à au moins deux reprises des journaux soutenant le chef de l’état l’ont mis directement en cause dans des alertes au coup d’état. En dehors de ce qui a été écrit dans les journaux Dieu seul sait le nombre de fois que des rapports ont été présentés au chef de l’état sur l’attitude peu sure de son ami depuis 1965.Laurent Gbagbo était convaincu que cette amitié ancienne pouvait bien tenir face aux inquiétudes de son entourage,aux soupçons de Lida Moïse et de Kadet Bertin qui avait du mal à cerner ce chef d’état major qui ne voulait en référer qu’à Gbagbo et ne supportait pas que des civils ne connaissant rien au maniement des armes et au commandement militaire veuillent lui en imposer. Gaoudi Oulata aujourd’hui en rupture de ban également a fait partie un moment avec le célèbre Lath de ceux qui produisaient des rapports sur les manœuvres de Doué contre le pouvoir. Le drame de Gbagbo au delà de la tactique politicienne consistant à avoir auprès de soi son ennemi en vue de mieux le contrôler, réside dans le fait d’avoir au fond cru que Doué Mathias n’irait pas jusqu’à donner raison à ceux qui ont décrété qu’il n’est pas un homme bien et fiable. C’est ce qui explique la grande difficulté qu’il a eu à signer le décret de limogeage de Mathias doué en Novembre dernier. Le texte du décret est resté plusieurs heures sur son bureau pendant que le chef de l’état cherchait encore à comprendre comment éviter le clash. Il ne s’agissait pas de peur car plus que tout autre Laurent Gbagbo, savait que la réputation de doué était surfaite et qu’il n’avait pas de divisons prête à le suivre. « Je ne veux pas créer un autre problème dans le problème »expliquait chaque fois Laurent Gbagbo à ceux qui réclamaient depuis toujours la tête de Mathias Doué très effacé au cours de la résistance et mis à l’écart ou pis noyauté comme il l’a dit lui-même. Pour manque de confiance, et à cause de son propre manque d’engagement, le chef d’état major n’a pas souvent été associé à certaines opérations jusqu’à celle de Novembre dont les grandes lignes lui ont été présentées ! En se souvenant de toutes ces choses, le chef de l’état qui n’a pas du tout bouleversé son programme de travail et son agenda à Yamoussoukro, qui a continué à travailler comme si de rien n’était, a compris que le bon prince reste celui qui sait s’entourer d’hommes compétents certes mais surtout loyaux, fidèles et prêts à tout ! Doué n’était pas prêt à tout pour Laurent Gbagbo. Après tout ce qu’il a fait et montré aux autres, il aurait fallu bien s’en méfier et éviter de le garder trop longtemps et surtout jusqu’à Novembre 2004.
 
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