La bêtise des Africains sur la réforme de l'Onu

Publié le par vicky delore ndjeuga

HUMEUR du 14 septembre 2005
 
 
Mégalomanie
"Nous voulons notre place à la table. Peu importe le temps que cela prendra, c'est une exigence morale, de la même façon que nous avons exigé l'indépendance ou la fin de l'apartheid." Comme refrain, cette revendication traduit la volonté de rétablir l’injustice dont l’Afrique est victime, depuis plusieurs décennies.
Asservie par la traite négrière, l’esclavage, la colonisation…, l’Afrique doit encore subir les conséquences proches et lointaines des I et II guerres mondiales qu’elles n’a pas provoquées. Au contraire, elle a contribué, dans la sueur et dans le sang à la victoire des forces alliées.
"Notre combat est un combat moral car l'Afrique est marginalisée", rappelle Julius Onen, secrétaire général du ministère ougandais des Affaires étrangères.
 
Et pourtant, à l’occasion de la célébration du 60 anniversaire de l’Organisation des Nations unies (Onu), l’Afrique a loupé une autre chance historique de siéger de façon permanente au Conseil de sécurité cette structure. Véritable tribunal mondial.
 
La réforme du conseil de sécurité des Nations unies, faut-il le rappeler, est une initiative ambitieuse de son secrétaire général, le Ghanéen Kofi Annan. Le « sabotage » de cette réforme, tant espérée, conforte la volonté de certaines puissances, de maintenir de façon continue, le continent en marge de l’exaltant  projet de construction d’un monde plus prospère et plus stable.
 
En dépit de tout, la vérité, aujourd’hui, est que l’Afrique est malade d’elle-même. Malade de la mégalomanie de ses dirigeants. Les deux blocs antagonistes sur cette opportunité, conduits respectivement par le Nigéria partisan d’une démarche consensuelle, et l’Algérie intransigeante sur les revendications initiales (2 sièges permanents avec droit de veto) n’ont pu accorder leurs violons.
Ce faisant, ils ont rendu impossible tout rapprochement avec le projet concurrent du G4 (Brésil, Allemagne, Inde et Japon) qui proposait six nouveaux sièges permanents sans droit de veto, dont deux africains.
 
« Ces désaccords traduisent les ambitions nationales, les susceptibilités et les rivalités de personne qui ont pesé sur les débats. Les candidats déclarés, dont les trois favoris sont l'Afrique du Sud, le Nigeria et l'Egypte, se sont, plus ou moins directement, lancés des piques, faisant resurgir de vieux débats sur la définition du pays le plus "africain", le plus "panafricain", voire, sujet plus sensible, "le plus noir", insiste, pour sa part, l’hebdomadaire J. A. L’Intelligent du 12 septembre 2005.
"C'est une occasion manquée. Les Africains ont évidemment une responsabilité car ils ont mal joué tactiquement", estime Adekeye Adebajo, du Centre pour la résolution des conflits, basé au Cap (sud-ouest).
Principal organe de décision de l'Onu, le Conseil de sécurité compte quinze membres dont cinq permanents dotés du droit de veto (Chine, Etats-Unis, France, Grande-Bretagne, Russie).
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Publié dans Afrique

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